Une histoire d’honneur anglais et d’argent français. Surcouf est probablement le corsaire français le plus célèbre et une association bretonne prépare le bicentenaire de sa mort : cérémonies, animations, festivités en tout genre, l’année 2027 promet d’être haut en couleur et la frégate Surcouf pourrait bien faire partie de la fête. Rencontre avec le président de l’association pour le bicentenaire du décès de Robert Surcouf : Pierre-Yves Surcouf.
Création d’une association
L’année 2027 est la 200e année de la mort du célèbre corsaire malouin Robert Surcouf. A cette occasion un groupe de passionnés s’est donné un objectif : préparer les festivités afin d’honorer ce célèbre marin, armateur et corsaire breton. A la tête de l’association du centenaire de la mort de Robert Surcouf, Pierre-Yves Surcouf descendant indirect du personnage historique. « Je fais partie de l’association des descendants de capitaines de corsaire mais l’idée de cette nouvelle association est d’ouvrir les adhésions au plus grand nombre. Je descends de Noël-Nicolas Surcouf, le plus jeune frère de Robert Surcouf, le corsaire », nous confie Pierre-Yves Surcouf. « La famille Surcouf est installée et implantée de longue date à Saint-Malo et dans la région, depuis 1645. »
Par son action, la nouvelle association cherche à fédérer les acteurs en liens direct ou indirect avec Robert Surcouf. « Le 8 juillet 2027 sera l’anniversaire de la mort de Robert Surcouf et nous avons souhaité anticiper, pour commencer à initier une réflexion sur un programme d’animations. En parallèle, nous commençons à tisser des liens avec les autres associations culturelles et patriotiques, ainsi qu’avec les municipalités de Saint-Malo, de Dinan et de Cancale. »
Célébrations
« Nous sommes encore nombreux à nous rappeler de l’année 1973, qui avait été consacrée à l’anniversaire de la naissance de Duguay-Trouin et de 1974 durant laquelle ce fut celle de Robert Surcouf qui fut célébrée. Plus anciennement, des commémorations avaient été organisées en 1927 pour le centenaire de la mort de Robert Surcouf », explique le président de l’association. La ville de Saint-Malo est intimement liée à ses corsaires célèbres et vit au rythme des célébrations.
Composée d’une dizaine de membres pour le moment, l’association, dont les statuts ont été déposés au mois de février, vise à fédérer tous les particuliers qui souhaiteraient soutenir ou s’engager. « L’objet de l’association est double : d’abord proposer un programme de cérémonies, d’agenda culturel et ensuite, mettre en place un financement participatif pour rénover la tombe du corsaire, qui se situe dans le cimetière de Rocabey », poursuit le président de l’association. « Elle manque d’entretien et aurait besoin d’une bonne rénovation. »
Malouin et au-delà
L’histoire de Robert Surcouf est très liée à Saint-Malo et à la Côte d’Emeraude, raison pour laquelle les communes de Dinan et de Cancale sont associées aux préparatifs. « Robert Surcouf était malouin mais il a grandi à Cancale avec ses parents dans la maison de sa grand-mère maternelle. Il a ensuite fait ses études à Dinan, un choix imposé par ses parents, mais il a fini par se rebeller et il aurait notamment mordu un surveillant », partage Pierre-Yves Surcouf. « C’était une vraie tête de mule, comme tous les bretons et ses parents ont fini par le faire embarquer sur un navire », sourit-il.
Préparatifs
L’association fourmille d’idées pour marquer cet anniversaire d’une pierre blanche. « Nous voudrions faire une cérémonie intimiste près de sa tombe, étant donné l’espace contraint dans le cimetière, et peut-être une cérémonie plus grande et plus officielle à Saint-Malo intramuros. La mairie de Saint-Malo a aussi fait une demande pour faire venir la frégate Surcouf en 2027 car il s’agit de la ville marraine du navire depuis l’année 2000 », nous apprend Pierre-Yves Surcouf. « Son port d’attache est Toulon et elle très peu revenue à Saint-Malo. La Marine nationale a émis un « oui » de principe, qui dépendra de la situation internationale. »
Fin janvier 2026, une délégation de la Marine nationale s’était déplacée à Saint-Malo pour l’anniversaire des 400 ans de la création de la Marine nationale. L’occasion de rencontrer les membres de l’association pour le bicentenaire du décès de Robert Surcouf, de déposer une gerbe au cimetière de Rocabey, avant de se retrouver au manoir du Haut-Mesnil au Tronchet, propriété de la famille Surcouf.

Panache français
La vie et l’engagement de Robert Surcouf ont marqué une époque, si bien que son nom est aujourd’hui celui d’une frégate de la Marine nationale et aurait même été évoqué comme nom potentiel pour le nouveau porte-avion français.
Robert Surcouf reste connu pour son panache. « Chacun se bat pour ce qui lui manque le plus », aurait-il répondu à un officier anglais qui affirmait que les Anglais se battaient pour l’honneur et les Français pour l’argent. Derrière le panache et le caractère bien affirmés, se cache un véritable marin qui a écumé les mers durant de nombreuses années. « Il a commencé comme capitaine corsaire à 20 ans et a arrêté de naviguer à 36 ans pour se consacrer à une simple mission d’armateur. » Son plus beau fait d’arme : la prise du Kent, un navire britannique. « Il jouait beaucoup de la suffisance et de l’arrogance des Anglais qui se sentaient supérieurs sur les mers. Avec ses équipages, ils n’hésitaient pas à tenter le coup de force, y compris si le rapport de force leur était défavorable », souligne Pierre-Yves Surcouf.
Héros breton, histoire familiale et vent du large au goût iodé, le personnage de Surcouf pourrait bien revenir à la mode à l’horizon de l’année 2027, fédérant les habitants, les curieux et les passionnés.
Pour soutenir l’association :
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