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La Polynésie française : autonomie ou indépendance ?

La Polynésie française est une collectivité d’outre-mer de la République française, située dans le sud de l’océan Pacifique. Elle est composée de six archipels, soit un total de 118 îles dont 67 habitées, avec une superficie de 4167 km2 et une population de 268 270 habitants en 2012. Les différents archipels de la Polynésie française sont : l’archipel de la Société avec les îles du Vent et les îles Sous-le-Vent, l’archipel des Tuamotu, l’archipel des Gambier, l’archipel des îles Australes et les îles Marquises. La superficie totale de la zone économique exclusive des archipels polynésiens français est de 4 867 370 km2.

 

La capitale de la Polynésie française est Papeete, située sur l’île de Tahiti. Les Austronésiens, premiers habitants de la Polynésie, proviennent de migrations venues de l’Asie du Sud-est vers les années 300. A partir de 1843, la France impose son protectorat sur l’île de Tahiti et neutralise l’influence britannique.

 

En 1946, les autochtones polynésiens ont le droit de vote et un gouvernement local est établi en 1957. Aujourd’hui, la Polynésie française est une collectivité d’outre-mer de la République française, bénéficiant d’une large autonomie. Le tourisme, avec un patrimoine culturel et national exceptionnel, est l’atout majeur pour le développement économique de l’archipel polynésien.

 

 

 

 

Un peu d’histoire

 

De Bougainville à Gauguin, en passant par Pierre Loti et Jack London, les voyageurs, peintres, écrivains français et occidentaux ont tous été impressionnés par ce véritable paradis terrestre du bout du monde. Depuis des générations, les 116 îles de la Polynésie française n’ont cessé de faire rêver les occidentaux. Le décor magnifique est là, avec ses îles, ses plages de sable fin, ses lagons, sa végétation exubérante et son climat exceptionnel.

Des manifestations culturelles sont régulièrement organisées pour entretenir la culture locale. Les principales manifestations ont lieu à Tahiti lors des fêtes de juillet qui proposent des concours de danse, de chant et de musique traditionnelle ainsi que des concours de sports traditionnels tahitiens. Des manifestations sportives ont également lieu tout le long de l’année, comme une importante course de pirogue polynésienne, ou des concours de porteurs d’orange, des lancers de javelots ou des concours de « hana de cocos ».

 

 

De Taïwan à Bougainville

 

Il y a 5000 ans, des habitants de la Chine du sud, commencent à traverser le détroit pour s’installer à Taïwan. Vers le IIème millénaire avant J-C., des migrations ont lieu de Taïwan vers les Philippines. Ensuite, de nouvelles migrations se poursuivent des Philippines vers Timor et les autres îles de l’archipel indonésien emportant avec eux leur langue. Vers le XVème siècle avant J.C., un autre mouvement migratoire se produit des Philippines vers la Nouvelle-Guinée et les îles du Pacifique. Les îles Marquises puis les îles de la Société, vers 300 de notre ère, sont les premières îles atteintes par ces grands navigateurs. Les Polynésiens sont ensuite partis vers l’île de Pâques, Hawaï et la Nouvelle-Zélande.

 

A partir de 1521, Magellan et les navigateurs européens commencent à explorer progressivement la Polynésie orientale. En 1767, le Britannique Samuel Wallis, découvre Tahiti. Il sera suivi par Bougainville en 1768 et Cook en 1769.

 

 

La présence française

 

Au début du XIXème siècle, les missionnaires britanniques convertissent les habitants des îles de la Société au protestantisme, tandis que les missions catholiques françaises s’implantent aux Gambier et aux Marquises dans les années 1830. A partir des années 1840, une expédition française arrive aux Marquises puis à Tahiti et la reine Pomaré IV doit accepter le protectorat français en 1843. En 1880, Pomare V accepte de céder son royaume à la France qui va devenir l’élément principal d’une nouvelle colonie, les Etablissements français d’Océanie qui deviendront la Polynésie française. Plusieurs archipels seront ensuite intégrées aux EFO de 1887 à 1901, en particulier : les Tuamotou, Rapa, les îles Gambier puis les îles Sous-le-Vent.

 

En 1940, les Etablissements français d’Océanie rallient la France Libre et un nouveau bataillon du Pacifique est constitué. En 1942, l’armée américaine installe une base militaire sur l’île de Bora-Bora, accueillant 6 000 soldats US. L’arrivée des américains va provoquer d’importants changements dans les archipels polynésiens.

 

En 1946, avec la constitution de la IVème République et la création de l’Union française, les Etablissements français d’Océanie passent au statut de colonie à celui de territoire d’outre-mer, ce qui permet d’accorder le droit de vote aux Polynésiens. A partir de cette époque, le mouvement anticolonialiste et autonomiste se développe. Le parti autonomiste domine la vie politique dans les années 1950, malgré la formation de l’Union tahitienne attachée au maintien de la souveraineté française.

 

En 1957, les Etablissements français d’Océanie deviennent la Polynésie française et bénéficient d’une large autonomie grâce à la loi-cadre Defferre. L’assemblée locale est dotée de compétence accrue, mais le gouverneur demeure le président de celle-ci. Lors du référendum proposé par le général de Gaulle, la Polynésie française est favorable au maintien de la souveraineté française.

 

A partir de 1962, le gouvernement français décide de l’installation du Centre d’expérimentations du Pacifique qui amène plusieurs milliers de militaires et de techniciens dans plusieurs îles du territoire : Mururoa, Fangataufa, Hao et, aussi à Papeete qui va connaître un développement de sa population. De 1966 à 1974, les essais nucléaires ont lieu avec 46 essais nucléaires atmosphériques suivis de 150 essais souterrains. La période du Centre d’expérimentation du Pacifique favorisera un grand développement économique du territoire, mais apportera de nombreuses nuisances écologiques et à la population locale. La loi du 5 janvier 2010 dite « loi Morin » reconnaît les dommages sanitaires causés par les expérimentations nucléaires.

 

 

 

La francophonie

 

Le français est la langue officielle de la Polynésie française, mais plusieurs langues régionales sont parlées par la majorité de la population comme le tahitien, le marquisien, le paumotou et le mangarevien. La langue tahitienne est une matière enseignée dans les écoles maternelles et primaires, dans les établissements du second degré et dans les établissements d’enseignement supérieur.

En 2007, le l’Institut statistique de la Polynésie française dénombrait 94,7 % de personnes de plus de 15 ans sachant parler, lire et écrire le français.

 

 

Les institutions

 

La Polynésie française est une collectivité d’outre-mer. Elle bénéficie d’une large autonomie politique. Le pouvoir se trouve entre les mains de l’Assemblée territoriale élue au suffrage universel et possédant le pouvoir de délibération. L’organe exécutif est constitué par le gouvernement polynésien placé sous le le contrôle de l’Assemblée et présidé par le président de la Polynésie française.

L’Etat est représenté par le haut-commissaire de la République, avec des compétences dans les domaines suivants : nationalité, politique étrangère, contrôle de l’immigration, monnaie, enseignement universitaire, sécurité et ordre public.

 

 

 

 

Autonomie ou indépendance ?

 

Le 28 septembre 1958, le gouvernement du général de Gaulle propose aux Français de ratifier le projet de nouvelle constitution de la Vème République. Dans les pays de l’Union française, les populations sont consultées sur l’opportunité de la création d’une Communauté française. La Guinée, sous l’influence de Sékou-Touré, est la seule colonie à accéder directement à l’indépendance. Les habitants de Polynésie française votent pour le « oui » par 16 279 voix et 8 988 votent « non ». Les Marquises votent pour le « oui », à près de 90%, mais les îles Sous-le-Vent votent pour majoritairement pour le « non ». Depuis les années 1960, les idées autonomistes et indépendantistes se développent. En 2011, le président indépendantiste Oscar Temaru annonce vouloir mettre fin à « 170 ans de colonisation » en demandant à l’ONU l’inscription de la collectivité sur la liste des territoires à décoloniser, lors du Forum des îles du Pacifique à Auckland. Mais le parti de Gaston Flosse, proche de l’UMP, et favorable au maintien de la souveraineté française, gagne les élections de mai 2013 et dispose d’une large majorité à l’Assemblée territoriale. Le président de la Polynésie française est actuellement Monsieur Moetai Brotherson depuis le 12 mars 2023.

 

 

 

Par Alain Ripaux, président de l’association Francophonie force oblige (FFO)

Extrait du livre « La France en Amérique et en Outremer » préfacé par l’ancien ambassadeur, Henri Rethoré

 

Pour commander l’ouvrage : Alain Ripaux, président de Francophonie Force Oblige – 345, Rue de la Mairie – 60400 Appilly (France). 300 pages sur papier glacé avec de nombreuses illustrations et documents en noir ou en couleur – prix 30 € (franco)