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Nouvelle-Calédonie : cette fois l’ingérence n’est pas intérieure

 

Les ingérences russes sont évoquées à de multiples reprises mais qu’en est-il des autres formes d’ingérence ? Les territoires et départements d’outre-mer français sont la cible de tentatives de déstabilisations de la part de puissances étrangères. Des députés loyalistes montent au créneau pour défendre la souveraineté. Quelle sera la réponse du ministère des Affaires étrangères ?

 

 

Nouveau président de la Nouvelle-Calédonie

 

Depuis fin juillet, la Nouvelle-Calédonie est dotée d’un nouveau gouvernement, d’un nouveau président, Milakulo Takumuli, et d’un nouveau vice-président, Christopher Gygès.

 

Cette nouvelle élection s’inscrit dans une montée en puissance des forces loyalistes. Le parti centriste de l’Eveil océanien, dont est issu Milakulo Takumuli a choisi de s’allier avec les non-indépendantistes car les indépendantistes seraient trop divisés, d’après lui. La répartition des postes des portefeuilles témoigne de cette forte représentation des loyalistes, les indépendantistes ayant été marginalisés dans les urnes.

 

Ce nouveau gouvernement favorable à la France ne doit pas faire oublier les défis que l’archipel devra relever : insécurité, développement économique, reconstruction. Les défis à relever ne manquent pas, à commencer par le redressement des comptes publics très affectés par les vagues de violences survenues en 2024. Ces difficultés sont un terreau favorable à des opérations de déstabilisation en provenance de l’extérieur.

 

 

 

Ingérence extérieure

 

Alors que Paris ne semble se préoccuper que des « ingérences intérieures », pour ce qui est de la métropole, les ingérences qui existent vraiment en Nouvelle-Calédonie sont bien d’origine « extérieure ».

 

Il a réitéré. Lors d’une allocation au IVe Forum mondial des médias de Chucha le 13 juillet dernier, Ilham Aliev, président de l’Azerbaïdjan a critiqué la France d’outre-mer en parlant de « colonies ».

 

Dans un courrier, trois députés loyalistes ont demandé l’intervention du ministre français des Affaires étrangères. « Les territoires ultramarins ne peuvent demeurer des terrains fertiles aux ingérences, il en va de la souveraineté de la France et du message que nous comptons envoyer à quiconque bafoue l’Outre-Mer et la France. Derrière l’Azerbaïdjan, d’autres puissances tapis dans l’ombre regardent nos territoires avec intérêts. La réponse de la France doit donc servir d’exemple pour toutes ses puissances qui déstabilisent et fantasment sur nos territoires », s’est exprimé le député de Nouvelle-Calédonie Nicolas Metzdorf, rejoint par deux députés polynésiens : Moerani Frebault et Nicole Sanquer.

 

« Ces propos représentent une insulte envers la France. Ilham Aliyev lui-même n’en n’est pas à son coup d’essai puisqu’il a déjà tenu des propos similaires en 2025. Les ingérences azerbaïdjanaises ne se limitent pas uniquement aux déclarations publiques. La liste est longue et Bakou orchestre depuis plus de 3 ans une véritable opération contre la souveraineté française en outre-mer », insistent les représentants de la nation. Comment le gouvernement français peut-il s’indigner des ingérences russes et tolérer les ingérences de la part de l’Azerbaïdjan ?

 

« J’y suis, j’y reste ». Comme la célèbre citation du général Mac Mahon après avoir pris Malakoff lors de la guerre de Crimée, la France est souveraine en Nouvelle-Calédonie, pour quelle raison rationnelle accepterait-elle de s’en retirer ? Après trois référendums d’auto-détermination et des élections qui se tiennent à échéance régulière, la situation est assez tendue pour ne pas y ajouter des ingérences étrangères.