La France a-t-elle une vocation maritime ? L’avenir de la France passera-t-il par la mer ? Autant de questions auxquelles Jacques Attali a tenté de répondre au sein de son ouvrage Histoires de la mer. Et si les échecs de la France s’expliquaient par une trop grande attention portée à la terre au détriment de la mer ? C’est une hypothèse qu’il convient de prendre en compte.

Une série d’échecs
Dans son ouvrage Histoires de la mer, Jacques Attali explique que l’histoire de la France – parfois tragique – est intimement liée à des échec sur les mers. La France a souvent essayé de devenir une puissance maritime sans jamais vraiment y parvenir.
D’après l’auteur de l’ouvrage, les échecs de la France pour devenir une réelle puissance maritime seraient au nombre de 8 :
- Première tentative française : la guerre de Cent Ans se joue sur la mer
- Deuxième chance pour la France, en vain : à l’époque de François Ier
- Troisième chance et quatrième chance : Richelieu, Mazarin et Colbert, « le roi puissant sur les mers »
- Cinquième tentative française, en vain : le désastre de 1763
- La guerre d’indépendance des États-Unis se joue sur la mer : sixième chance de la France
- Septième tentative maritime française : la tentative de Louis-Napoléon
- La huitième tentative commence avec le retour au pouvoir du général de Gaulle, mais est rapidement avortée
Le point de commun de ces 8 tentatives ? A chaque fois, les dirigeants français souhaitent étendre la France en outre-mer mais sont rattrapés par la réalité continentale. Louis XVI, la Royale et la Révolution française, Napoléon et Traffalgar : à chaque fois la vocation maritime de la France s’apparente à un acte manqué.

Vers une puissance maritime française ?
Face à l’impasse européenne et au conflit en Ukraine, ne serait-il pas temps de regarder vers la mer ? La France possède tous les atouts pour enfin devenir une puissance maritime majeure.
Dans son ouvrage, Jacques Attali appelle à « […] valoriser l’immense espace maritime français, le deuxième du monde, avec 11 millions de kilomètres carrés ; cela passe par une valorisation de son outre-mer, où tout se jouera ».
« Il est impératif que la France reprenne une maîtrise dans l’industrie des câbles sous-marins. Que son territoire soit très rapidement câblé. Et tant d’autres projets possibles, en lien aussi avec les pays de la francophones environnants. » En effet, mer, outre-mer et francophonie sont trois sujets très liés et qui peuvent faciliter les échanges internationaux. « Pour cela, il faudra qu’une culture maritime imprègne toute la société française et qu’on y valorise enfin plus le changement que la routine, sans perdre la passion pour le raffinement, l’excellence et le durable. »
L’avenir de la France s’écrira-t-elle sur les mers ? Elle est, en tout cas, le seul pays au monde qui dispose de tous les atouts – territoire d’outre-mer, francophonie, puissance industrielle, forces prépositionnées – pour peser sur les mers.
