La Voix au Chapitre

Francophones de tous les pays, lisez-nous !

En visite au Liban du 30 novembre au 2 décembre 2025, le pape Léon XIV a appelé à la paix, à la réconciliation et à l’unité du pays. De Baabda à la place des Martyrs, son message a résonné comme une invitation à renouer avec l’espérance et le dialogue.

 

Une visite placée sous le signe de l’unité, de l’espoir et de la réconciliation

Du 30 novembre au 2 décembre 2025, le Pape Léon XIV a s’est rendu au Liban. Une visite historique au terme de laquelle il a lancé un appel fort à la paix, à la réconciliation et à la coexistence confiante entre les 18 communautés religieuses présentes dans le pays. Dès son premier discours, prononcé face aux autorités civiles, diplomatiques et religieuses, il a affirmé : « La “paix” est bien plus qu’un mot. Ici, la paix est un désir et une vocation. » Il a insisté sur la vérité, la réconciliation et la résilience comme bases d’un avenir durable. Le lendemain, lors d’une rencontre œcuménique et interreligieuse tenue sur la Place des Martyrs à Beyrouth, le Pape a prononcé un discours saluant l’héritage spirituel et la vocation du Liban comme terre de dialogue, de coexistence et de fraternité. Il a appelé les Libanais, malgré leurs différences, à vivre ensemble, en communion.
Cette démarche arrive dans un contexte économique, social et politique lourd et marqué par l’explosion du port de Beyrouth de 2020, les tensions régionales ainsi que l’émigration massive des jeunes… Pour beaucoup, la présence du Pape est perçue comme un signal d’espoir, un rappel du rôle symbolique du Liban comme carrefour de paix dans la région.

 

Langue & francophonie : quel rôle pour le français dans la visite papale ?

Un aspect notable de la visite du pape Léon XIV est la dimension linguistique, et plus particulièrement l’usage du français dans certains discours : un signe fort au regard de l’histoire, de l’éducation et de la francophonie au Liban.
Cet usage du français dans un contexte officiel et spirituel n’est sans doute pas anodin. Il résonne avec les racines francophones de nombreuses institutions religieuses et éducatives au Liban, ainsi qu’avec le rôle du français comme langue d’échange, de dialogue, voire de neutralité dans un pays où la pluralité linguistique (arabe majoritaire, français, anglais…) accompagne la pluralité religieuse et culturelle.
Dans un pays profondément multiculturel, le fait que le pape s’exprime en français peut être perçu comme un geste de proximité, voire de reconnaissance de la diversité linguistique et culturelle du Liban.

 

 

Le pape et la jeunesse — un appel à rester, espérer, reconstruire

L’un des messages les plus marquants du Pape pendant ce voyage s’adressait aux jeunes Libanais, régulièrement confrontés à l’émigration, à la désillusion, à la crise économique et à la perte d’espoir.

Devant les autorités, il a dénoncé « l’hémorragie de jeunes et de familles » qui quittent le pays faute d’avenir, et a exhorté les dirigeants ainsi que l’ensemble de la société à créer les conditions d’un retour, ou d’un maintien des jeunes au Liban, dans la dignité et la sécurité.
Ce message adressé à tous les Libanais prend une dimension politique et sociale profonde. Il rejoint les aspirations d’une jeunesse libanaise attachée à sa terre, mais désabusée par des années de crise, de corruption, d’instabilité.
En s’adressant aux jeunes, le Pape tente de raviver l’espoir et de lancer un appel à la responsabilité collective : « faire partie des artisans de la paix. »

 

 

Par Chloé HAYEK