La Voix au Chapitre

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La lauréate Louise de Brisson à été récompensée par le Prix Pierre-François Caillé de la traduction le 20 novembre 2025 au FIAP Jean Monnet à Paris pour sa traduction d’un roman en letton de Laura Vinogradova, La Rivière, paru aux éditions Bleu et Jaune.

 

Un hommage à la traduction

Le prix Pierre-François Caillé, fondé en 1981 par la Société Française des Traducteurs (SFT) avec l’École Supérieure d’Interprètes et de Traducteurs (ESIT), rend hommage, chaque année, à une traductrice faisant ses premiers pas dans l’édition. Il vise à encourager des jeunes talents à maintenir cette pratique littéraire et souligne l’importance de la traduction dans l’accès à la littérature internationale.

La cérémonie de 2025 a reconnu le travail de Louise de Brisson, enseignante à l’institut national des langues et civilisations orientales à Paris (INALCO) et traductrice littéraire du letton. En parallèle à sa carrière dans le domaine des droits de l’homme, elle décide de s’orienter vers la traduction. Ce 20 novembre 2025, elle reçoit les prestigieuses distinctions de la Société Française des Traducteurs.

 

Le roman primé

L’ouvrage traduit par la lauréate, La Rivière de Laura Vinogradova, raconte l’histoire de Ruta, la narratrice qui s’enfuit de sa vie confortable urbaine, de son entourage et de son travail pour se réfugier dans la maison héritée de son père. Le retour à un lieu imprégné de souvenirs d’enfance et du silence laissé par sa sœur, Dina, disparue dix ans plus tôt. C’est le récit d’une découverte des secrets d’un homme qu’elle appelait « père », de la simplicité d’une vie rurale dans la recherche de liens entre son passé et son présent. Caché dans un langage tenu, simple, ce roman explore les fragments de la mémoire, les manques, les oublis, le travail fastidieux et lent du deuil. La Rivière se lit comme une méditation intime sur l’enfance, les souvenirs, l’absence dans une quête intime de soi.

Salutations du jury

Le jury a salué le choix de ce roman, rappelant l’importance de promouvoir et de rendre accessibles des œuvres venues de pays moins connus, dans une langue peu diffusée. Les membres du jury ont également salué la fluidité dans la maîtrise de la langue française et la qualité de Louise de Brisson de restituer l’atmosphère particulière de l’œuvre sans trahir la narration et la langue d’origine.

Louise de Brisson reçoit ce prestige grâce à la fluidité et à l’esprit de sa traduction, une traduction française qui « coule comme une rivière », naturelle, épurée, sans jamais trahir l’auteur, selon le jury.

Cette cérémonie de 2025 rappelle l’importance du métier de traducteur dans un monde où le métier semble tomber en désuétude. Artisans de lettres, ouvriers dans la transmission littéraire, les traducteurs créent des espaces où les langues communiquent entre elles. Il nous ramène à une époque précédant la Tour de Babel.

 

Par Natasha FORSTNER