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Sommet Russie-Afrique : Poutine tente de doubler l’Occident

La dénonciation du « néocolonialisme » occidental est un atout important dans le jeu de Vladimir Poutine, qui s’est exprimé face aux 48 dirigeants africains lors du sommet Russie-Afrique qui se déroulait les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou. Volonté de nouer un dialogue ? D’encourager les partenariats économiques ? Ou volonté d’accentuer une domination politico-militaire ? Éléments de réponse à Moscou.

 

 

Moscou avance ses pions

 

Le sommet Russie-Afrique peut être interprété de deux manières différentes : à la fois comme un instrument de diplomatie mais aussi comme une volonté pour Moscou de renforcer son influence sur le continent africain. A la lumière de la déclaration du sommet de Saint-Pétersbourg de 2023, basée sur l’idée d’un ordre mondial multipolaire, basé sur le respect de la souveraineté des États et basé sur la lutte contre le néocolonialisme, il convient de se poser la question suivante : la position russe est-elle fiable ou risque-t-elle de glisser vers une domination politique ?

 

Selon certaines sources, la Russie chercherait en effet à exploiter le mécontentement suscité par certaines interventions occidentales et le sentiment de marginalisation de l’Afrique dans les institutions internationales pour consolider ses relations politiques et obtenir des soutiens diplomatiques, notamment aux Nations unies. Par ailleurs, la plupart des pays africains accuse l’Occident d’entrainer ces pays dans des guerres.

 

Concrètement, cette stratégie prend une importance particulière dans un contexte de défiance envers les puissances occidentales, où Moscou se présente comme une alternative à l’influence de l’Europe et des États-Unis. Il serait néanmoins excessif de réduire cette démarche à une simple volonté de domination : les États africains poursuivent eux aussi leurs propres intérêts et cherchent à diversifier leurs partenariats. La véritable question est donc de savoir si cette coopération renforce l’autonomie africaine ou si elle remplace une forme de dépendance par une autre sous l’influence d’une tromperie diplomatique.

 

 

 

 

 

 

Volonté de dialogue ou de domination ?

 

Alors que l’Afrique semble être en confrontation économique et politique avec des puissances étrangères, sa position devrait être commune sur ses priorités même si certains des pays africains affichent un rapprochement particulier avec Moscou. L’objectif ne devrait pas être de remplacer une dépendance à l’Occident par une dépendance à la Russie, mais de tirer profit de la concurrence entre les puissances pour accélérer son développement. Volonté de dialogue ou de domination ? La question reste entière.

 

En tout cas, le président du Burundi, Evariste Ndayishimiye, qui est aussi président de l’Union africaine depuis le 14 février 2026, s’est exprimé en faveur d’une atténuation des conflits dans le monde. Depuis Moscou, il a notamment appelé à « faire taire les armes ». Un message lancé au Kremlin ?

 

Par Thérence HATEGEKIMANA et Simon DOUAGLIN