Lors du troisième Sommet Russie-Afrique, organisé les 28 et 29 octobre 2026 à Moscou, le président congolais Félix Tshisekedi a sollicité le soutien de son homologue russe, Vladimir Poutine, face à la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Il a notamment appelé Moscou à soutenir l’application des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Cette démarche intervient alors que Kinshasa entretient également un partenariat stratégique avec Washington.
La RDC interpelle Moscou sur les résolutions de l’ONU
Lors de son intervention, Félix Tshisekedi a appelé la Russie, en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, à soutenir l’application des résolutions 2773 et 2808.
Adoptée en février 2025, la résolution 2773 exige notamment la cessation des hostilités, le retrait du M23 des zones occupées et celui des forces rwandaises du territoire congolais. La résolution 2808, adoptée en décembre 2025, renouvelle le mandat de la MONUSCO jusqu’au 20 décembre 2026 et réaffirme les dispositions de la résolution 2773.
Le rapprochement avec la Russie intervient alors que la RDC poursuit la mise en œuvre de son partenariat stratégique avec les États-Unis, signé le 4 décembre 2025. Celui-ci porte notamment sur les investissements, les infrastructures, l’énergie et les minerais stratégiques en République Démocratique du Congo.
Cette nouvelle ouverture vers Moscou constitue-t-elle un aveu d’échec du partenariat avec Washington ? Pas nécessairement. Félix Tshisekedi a expliqué que diversifier les partenariats ne signifie pas choisir un camp, mais préserver la liberté de décision de la RDC. Il a également réaffirmé son attachement aux processus de Washington et de Doha. Le partenariat avec les États-Unis faisait d’ailleurs toujours l’objet d’un suivi gouvernemental en octobre 2026.
La coopération entre la RDC et la Russie ne se limite pas à la question sécuritaire. Le 30 octobre, les deux pays ont signé trois accords bilatéraux portant notamment sur la création d’une commission intergouvernementale et le renforcement de la coopération dans les domaines de la santé et de l’éducation. Ces accords donnent un cadre supplémentaire aux relations entre les deux pays. Leur portée dépendra toutefois de leur mise en œuvre et des résultats obtenus.
Quels engagements pour la paix ?
Malgré la demande du Président Tshisekedi, aucun engagement sécuritaire précis de Vladimir Poutine visant à mettre fin aux violences dans l’Est de la RDC n’a été annoncé publiquement. Les accords signés concernent d’autres domaines de coopération. La Russie a toutefois été sollicitée pour soutenir les efforts diplomatiques et l’application des décisions de l’ONU.
Pour les populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, l’attente reste celle d’un retour à la sécurité et d’une paix durable. Reste à savoir si le soutien diplomatique de Moscou pourra se traduire par des avancées concrètes dans la résolution de la crise.

