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La Francophonie s’invite au Forum prospective & innovation

Invitée lors du Forum prospective & innovation, 21e édition, la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), Louise Mushikiwabo, s’est exprimée sur le thème du leadership géopolitique, que l’on pourrait traduire par gouvernance de la géopolitique. « L’Afrique et l’Europe seraient-ils deux continents en déficit de leadership ? », à la question de l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, Louise Mushikiwabo a présenté ses clés de lecture de cette question essentielle.

 

 

Deux principes fondamentaux

 

Au cours de sa présentation, la secrétaire générale de l’OIF a insisté sur l’importance de prendre en compte les intérêts des acteurs géopolitiques pour comprendre les enjeux de gouvernance. « Ce qui se passe aujourd’hui dans la gouvernance mondiale, c’est que nous avons plus ou moins perdu l’objectif d’origine de notre rencontre, au sein des Nations unies, pour nous concentrer sur des intérêts nationaux, individuels ou de groupe. Nous avons un peu perdu le dénominateur commun qui était l’intérêt de tous après la Seconde Guerre mondiale ».

 

Par le biais des notions de « désinformation », ou de « manipulation de l’information », elle rappelle l’importance de la création d’imaginaires communs. « […] Le narratif – le récit – est quelque chose d’extrêmement important. […] Ayant vécue si longtemps aux États-Unis, il n’y a aucun pays au monde capable de fabriquer, de créer, d’embellir et devendre une histoire sous forme de récit comme l’Amérique. L’Amérique est un pays qui, quand l’intérêt est là, est vraiment capable de créer un monde qui n’existe pas », souligne-t-elle.

 

 

 

 

Quid du rôle de l’OIF ?

 

Sous l’égide de Louise Mushikiwabo, l’OIF met un point d’honneur à prendre sa part dans la gouvernance (dans le leadership international). « Je suis de plus en plus convaincue que nous devons faire plus de médiation, plus de dialogue, et ne pas avoir peur de nous impliquer. […] Il y a aussi ce désir de faire, de vouloir faire plus. Par exemple, l’OIF a été très impliquée dans les négociations du Tchad, qui se sont déroulées au Qatar (le Qatar est aussi membre associé de l’OIF) », explique-t-elle. « Nous avons été directement impliqués avec les différentes parties dans les négociations, allant jusqu’à donner au Tchad des capacités techniques de négociateur, à être présents à la signature. La Francophonie a donc été un acteur qui n’était menaçant pour personne et qui a réussi à fédérer les différentes parties. »

 

De même, « nous essayons depuis plusieurs années en Haïti, un pays membre de l’organisation, très important, sans beaucoup de succès, mais c’est parce que la situation en Haïti est extrêmement compliquée », ajoute la secrétaire générale.

 

Sur cette question de la gouvernance – du leadership international, il semblerait que l’OIF pourrait donc avoir un rôle à jouer dans l’avenir de la résolution des conflits internationaux, dans le développement économique ou encore dans l’accompagnement des mutations géopolitiques en cours.